Quel minimum pour vivre par jour et par personne ?

Ceci est une question bien embarrassante dans un contexte où les charges se font de plus en plus pesantes et les revenus de moins en moins présents. Et pourtant, il est important d’avoir une idée de combien d’euros, il faut à une personne pour vivre une vie un peu décente.

Comment comprendre le « minimum pour vivre par jour » ?

Le budget minimum pour vivre par jour est la résultante d’une simple opération de soustraction entre le revenu moyen et les charges moyennes d’une personne, compte tenu des réalités sociales et économiques de son milieu. S’il semble bien difficile d’envisager un minimum pour vivre par jour et par personne, c’est parce que la question est toute autant relative que subjective. C’est pourquoi nous interrogerons les banquiers et les associations.

Le minimum pour vivre par jour pour les financiers

Le minimum pour vivre par jour chez les financiers, notamment les banquiers, peut être indirectement déduit de ce qu’ils appellent le « reste à vivre ». Ce « reste à vivre » correspond en réalité au montant restant lorsque l’on déduit toutes les charges incompressibles du revenu net mensuel. Ces charges dites incompressibles sont celles que le créancier ne peut se refuser d’honorer, au risque de se retrouver dans une situation délicate. Il s’agit essentiellement des mensualités des emprunts, du loyer, de la mensualisation des impôts, des factures courantes (électricité, eau, gaz, téléphonies, assurances), des pensions à verser, des engagements financiers à devoir à des tiers. Vous vous demandez certainement où ces calculs vont mener !

En effet, les établissements de crédit et les banques s’appuient sur ce calcul du reste à vivre pour vérifier si un emprunteur potentiel serait en mesure de faire face aux charges incompressibles (nourriture, électricité, eau, etc.) en cas d’obtention d’un prêt immobilier ou d’un crédit à la consommation, et d’honorer par la même occasion, les engagements résultant dudit prêt. Dans la même logique, et toujours pour vérifier la solvabilité du créancier dans des conditions lui permettant de vivre avec le minimum, les banques effectuent le calcul du taux d’endettement. Pour calculer le taux d’endettement, le montant issu de l’addition de toutes les dépenses courantes et des dettes mensuelles, est divisé par celui de l’addition de tous les revenus mensuels fixes de la personne. Le résultat obtenu multiplié par 100 permet d’obtenir le taux d’endettement.

Ainsi, le montant du reste à vivre minimum exigé par les banques varie généralement suivant la politique financière de chacune d’elles. Certaines banques exigent un minimum de 800 euros par mois pour une personne pendant que d’autres mettent la barre plus bas à 400 euros par mois pour une seule personne seule. Pour un couple sans enfants, le montant est évalué à 1000 euros. Un petit calcul mathématique permet donc de déduire que pour les financiers, le minimum pour vivre par jour et par personne (n’ayant aucun enfant), serait d’un montant variant entre 13 et 26 euros. Cet avis n’est pourtant pas partagé !

Le minimum pour vivre par jour pour les associations

Selon une étude menée par l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, pour se loger, manger et se déplacer, en bref, pour vivre décemment, le budget nécessaire est de 1424 euros par mois pour une personne active seule et de 3 284 euros pour un couple avec deux enfants, ce qui dépasse de loin le minimum envisagé par les banquiers. Un petit calcul permet de dégager par jour et par personne, un minimum de 47 euros pour vivre décemment.

Le minimum pour vivre par jour dans la réalité

Les calculs théoriques sont parfois, d’ailleurs très souvent, différents de la réalité. En effet, une fois toutes leurs charges payées, il a été prouvé dans une étude que des milliers de personnes n’ont plus que 5,60 euros par jour pour vivre, ceci par personne. 5, 50 euros, c’est donc ce qui reste chaque jour pour vivre, par jour et par personne, après avoir payé le loyer et toutes les autres charges. La pauvreté et l’exclusion continuent donc de gagner du terrain et parfois même, ce montant de 5,60 euros est encore un luxe pour des centaines de personnes. Sur la base de ces éléments qui dénotent d’une précarité ambiante, il est donc difficile de retenir le minimum des banquiers, encore moins l’idéal des associations.

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